Eglise et Cloche de La Guyonnière

Histoire de l'Eglise de La Guyonnière et de la Cloche

Histoire de l’Eglise de La Guyonnière

En octobre 1796, on pouvait lire dans une note destinée à recenser le patrimoine :

« Eglise de La Guyonnière, – paroissiale, – presque toute ruinée ; on dit la messe dans une chapelle« . Les premiers curés de la paroisse, après la Révolution, s’efforcèrent de la restaurer selon leurs ressources. Mais leur zèle n’obtint pas toute la récompense qu’il méritait : bientôt, les murs menacèrent ruine, et, de plus, l’ancienne construction devint insuffisante par suite de l’augmentation des habitants. Il fallait rebâtir. On commença par le clocher, en 1848.

En 1853, M. Amiot chargea Mr l’abbé Barillaud de dresser le plan d’une nouvelle église plus spacieuse et plus digne du culte divin. La modicité des ressources ne permit point à l’architecte diocésain de faire un plan somptueux et grandiose. N’importe ; une modeste église romane, à trois nefs, s’éleva bientôt à la place de l’ancienne. Tout compte fait, elle coûta vingt-cinq mille francs. Les principaux bienfaiteurs furent M. Léopold de Mauclerc, d’Asson, qui offrit spontanément cinq mille francs ; Mm. de Suyrot et Victor de Cornulier. Commencées le 25 juin 1853, les nefs de la nouvelle église étaient achevées le 4 mars 1854, et bénites le lendemain, premier dimanche de Carême ; mais, à cause des travaux d’intérieur, le Très Saint-Sacrement ne fut laissé à demeure au tabernacle que le 20 mai suivant. Dix ans après, l’abside et les deux absidioles furent construits et complétèrent l’édifice. On décora ensuite petit à petit. La principale décoration, le maître-autel se fit attendre jusqu’en 1893. C’est alors seulement que, grâce à la pieuse générosité d’un noble paroissien, M. l’abbé de Suyrot, de Melay, l’on put voir un bel autel en pierre, remplacer l’autel en bois de la vieille église.

Cet autel est remarquable autant par sa forme symbolique et l’exécution du travail que par la richesse des matériaux employés. L’idée qui en a inspiré le plan est celle-ci : Le sacrifice de l’autel étant la reproduction du sacrifice du calvaire, dont il ne diffère, dit le Concile de Trente, « que par la seule manière dont il est offert, » l’autel doit, autant que possible, rappeler aux yeux, comme à l’esprit, le souvenir du calvaire. L’autel de l’église de la Guyonnière est en granit de Brest et représente la Colline du Calvaire. Au sommet, se dresse une grande croix à laquelle un beau christ est attaché. Le christ est en pierre blanche de Poitiers. Debout, de chaque côté de la croix, se tiennent la sainte Vierge et saint Jean. Ces deux statues sont également en pierre blanche. Le tabernacle est placé dans le flanc de la montagne. Au-dessus, ont lit cette inscription en lettres d’or : « Petra erat Christus« . Et, pour mieux faire comprendre encore la comparaison de l’Apôtre, sur la porte du tabernacle est représenté Moïse frappant le rocher de sa verge et faisant jaillir l’eau qui désaltéra le peuple de Dieu, dévoré par la soif. Ici, l’Eucharistie est la fontaine d’où coule la grâce de Dieu qui désaltère les âmes, au désert de la vie. Au-dessous, et comme taillée dans la montagne, s’étend la pierre du saint sacrifice, aux extrémités de laquelle se voient deux anges debout, qui semblent venir du ciel pour servir le prêtre sacrificateur : l’un présente l’eau et le vin, et l’autre porte le livre de l’évangile.

La table de l’autel est supportée par deux colonnes en granit et dont les bases et les chapiteaux sont en marbre blanc. Dessous, trois bas-reliefs en superbe marbre de Carrare sont incrustés dans une seule pierre de granit, faisant fond. Celui du milieu représente la Cène ; celui de droite l’Agonie de Notre-Seigneur à Gethsémani ; et celui de gauche la Flagellation ; toujours d’après la même idée qui a présidé à l’ensemble de l’œuvre. Ce beau travail est sorti des ateliers de M. Potet, l’un des meilleurs sculpteurs de Nantes.

La nouvelle église, comme l’ancienne, a deux petites chapelles dédiées, l’une à la Très-Sainte Vierge, l’autre à saint Joseph. Mais, dans l’ancienne, la deuxième chapelle, actuellement sous le vocable de saint Joseph, était dédiée à saint Jean-Baptiste, patron secondaire de la paroisse. Ce changement de vocable fut autorisé par Mgr l’évêque de Luçon, le 14 août 1863, à la demande de M. le curé ; mais à la condition que la statue de saint Jean-Baptiste serait placée dans un endroit honorable de l’église. Elle a été placée dans le sanctuaire.

Le presbytère a été reconstruit dans d’excellentes conditions, il y a un certain nombre d’années. Il est situé entre cour et jardin, et à proximité de l’église.(Notes communiquées par M. Verdon, curé de la Guyonnière.).

1848 – Construction du clocher.

1853 – Construction des trois nefs de l’église. Le travail dura huit mois à peine (de juillet 1853 à mars 1854). Durant ce temps, la grand’messe fut célébrée en plein air, chaque dimanche, et, trois fois seulement, le mauvais temps ne le permit pas. On dut alors s’abriter dans la chapelle provisoire dressée au presbytère. La bénédiction de l’église neuve eut lieu le premier dimanche de carême, 5 mars 1854. Les voûtes furent faites, l’année suivante.

1854 – L’agrandissement de l’église ayant diminué d’autant le cimetière qui l’avoisine, celui-ci fut agrandi à son tour, et, le 5 novembre 1854, fête des Saintes-Reliques, on fit la bénédiction solennelle du terrain annexé.

Les cloches

18 juillet 1864 – Bénédiction d’une cloche. « L’an de Notre-Seigneur mil huit cent soixante-quatre, et le dimanche, dix-sept juillet, a été bénite solennellement la grosse cloche de l’église paroissiale de l’église de Saint-Pierre de la Guyonnière. La cloche, dont le métal a été refondu, avait été fêlée, il y a environ dix-huit mois, par le bris de la courroie de suspension du battant, qui, en s’échappant, avait heurté violemment le bord de la cloche… Cette cloche pesait six cent soixante-dix-huit livres. Toute la population l’a vivement regrettée, en raison de sa sonorité harmonieuse. Le désir de tous était de la faire refondre. Cette opération fut rendue alors facile par la générosité de trois habitants de la paroisse : MM. Joseph Brochard, de la Trounière ; Jean Gourraud, de la Bléterie, et Jean Défontaine, de la Chausselière, qui vinrent offrir chacun cent francs. De son côté, le fondeur, M, Chambon, de Montargis (Loiret), par une délicatesse qui l’honore, voulut tenir compte des deux cents francs qu’il avait reçus pour la réparation de la fêlure (réparation qui n’avait pas réussi) ; en outre, la paroisse a désiré contribuer à l’augmentation du poids de la cloche, et la quête faite dans l’église, le jour de l’Ascension et le dimanche dans l’octave de la même fête, a produit deux cents francs. Deux cents francs aussi ont été donnés par M. de Mauclerc d’Asson, le jour du baptême ; et la fabrique fut chargée du reste de la dépense : trois cents vingt francs. »

Voici l’inscription de la première cloche : L’an 1825, le 1er mars, j’ai été baptisée par M. Jean-Baptiste Chauveau, prêtre et recteur de cette paroisse, et nommée Marie-Henriette par M. Jacques-Olivier-Marie Urvoy de Saint-Bédan, et par Mme Marie-Henriette-Pélagie Urvoy de Saint-Bédan, née de Chevigné, mon parrain et ma marraine, petits-enfants de M. le comte Duchaffault, chevalier de Saint Louis, ex-curé de cette paroisse. Vorus, fondeur à Nantes.

La paroisse a désiré que la nouvelle cloche fût fondue sur place, comme assurance de l’emploi du métal de l’ancienne. Monseigneur l’illustrissime et révérendissime évêque de Luçon, par sa lettre en date du 3 juillet, a désigné M. l’abbé Paul de Suyrot, chanoine honoraire, curé-doyen des Herbiers, pour procéder à la bénédiction de la cloche. La cérémonie a eu lieu le matin. Après la sainte messe, M. le curé des Herbiers a donné une instruction solide et pratique sur ces paroles : Afferte Domino, fillii Dei, afferte Domino gloriam et honorem. L’instruction finie, l’on procéda à la bénédiction de la cloche selon les prescriptions du pontifical romain. Voici l’inscription gravée sur la nouvelle cloche : « J’étais née le 1er mars 1825. J’ai été refondue le 14 juillet 1864. J’ai été bénite, le 17 juillet 1864, par M. P. de Suyrot, chanoine honoraire, curé des Herbiers, et nommée Marie-Léopold-Hortense par M. Léopold de Mauclerc, mon parrain, bienfaiteur de cette église, et par Mme Marie-Hortense Baudry, ma marraine. M. Baudry, maire, M. Rautureau, adjoint, MM. Charles et Joseph Amiot, curé et vicaire de cette paroisse. M. Jacques Boiziau, trésorier, J.-B. Guicheteau, président, J. Brochard, J. Gourraud, J. Défontaine, mes principaux donateurs. J. M. J. Secours des chrétiens, priez pour nous. Chambon, fondeur à Montargis (Loiret). »

La nouvelle cloche, du poids de 547 kilos, a été payée 1,020 francs.1

La cloche qui est exposée au fond de l’église est cette dernière. Le Conseil Municipal a décidé de la faire réparer. Le coût de l’opération reste encore à déterminer. Une subvention sera demandée.

Devant l’intérêt que portent certains Guyons à cette cloche, il a été décidé de lancer une souscription et de faire réaliser ces travaux en 2011.

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